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Dorantes   

David Peña «Dorantes» a reçu le jondo en héritage. Né à Lebrija, berceau du flamenco traditionnel, il est issu d’une légendaire dynastie gitane de musiciens. La Perrata est sa grand-mère. Son père s’appelle Pedro Peña. Son oncle n’est autre qu’«El Lebrijano»… Pas une des branches de son arbre généalogique qui ne renvoie à un monstre sacré de la musique andalouse. Il aurait pu suivre leurs traces. Il a emprunté une autre voie. Au Conservatoire royal de musique de Séville, il suit les classes d’harmonie et de composition et, contre toute attente, étudie le piano dans un monde où le cante est roi. « Les instruments ne naissent pas flamencos. Ce sont les musiciens qui doivent se sentir flamencos», explique-t-il aujourd’hui. Celui qui avait tout pour incarner une musique immuable a donc choisi ses propres armes pour défendre son côté intemporel. Comme Paco de Lucia qui a participé à une révolution instrumentale flamenca, Dorantes va trouver dans sa double appartenance musicale son propre Duende. Notamment quand il propose à Esperanza Fernández, cantaora absolue, imaginative et instinctive, de reprendre Di Di Ana. Ecrite par son père, cette romance, proche de la berceuse, raconte l’histoire vraie d’une «Pénélope» dont le mari a été ravi par la dictature franquiste. Dans ses compositions (Orobroy fut salué par Yehudi Menuhin), il met en résonance le feu de son héritage, la puissance des percussions de Tino di Geraldo ou de José Carrasco, le chant grave du saxophone de Nacho Gil et les rêves portés par son piano. Et, quand on lui demande d’où lui vient son inspiration, il répond : «Le flamenco ? C’est ce qui m’a façonné depuis l’enfance. Quand j’écoute du flamenco , je ne perçois pas seulement la musique : expériences et sentiments se rappellent à moi. Autant de fondations sur lesquelles je bâtis ma musique aujourd’hui.» «Il n’y a pas eu véritablement de début à ma carrière. Il y a eu ce jour où mon frère Pedro et moi sommes allés voir notre père pour lui dire que nous voulions nous aussi faire du Flamenco. Il a été très heureux», explique David Peña «Dorantes».  «Je jouais de la guitare. Et puis, un jour j’ai réalisé que le piano était fait pour moi. A mes débuts, la guitare m’a aidé à gagner suffisamment d’argent pour m’acheter un piano !» Une réussite. En 1996, il participe au Festival Flamenco de Mont de Marsan. Sa prestation intitulée Orobroy est alors saluée par Yehudi Menuhin. Trois mois plus tard, il donne son premier récital en Espagne au cours de la Biennale de Flamenco de Séville. Il est acclamé par la critique et les amoureux d’un flamenco aussi bien traditionnel qu’avant-gardiste. Il est alors nommé artiste de l’année. Entre 1997 et 1998, Dorantes enregistre son premier album, aussitôt élu meilleur album instrumental par l’association des critiques madrilènes. De La Havane à Tokyo, il commence alors une tournée internationale. En 2000, Dorantes collabore avec le Ballet National d’Espagne, Antonio Canales et Aida Gomez. En 2002, il sort son second album, 'Sur', enregistré entre Paris, Sophia et Séville et qui, comme le premier, est élu meilleur album instrumental de l’année. A cette occasion, il travaille avec Esperanza Fernández. 'Sur' devient un spectacle et reçoit lui aussi plusieurs prix lors de sa création à la 12ème Biennale de Séville. Dans ses concerts, Dorantes  essaye d’emmener le Flamenco «là où il devrait être aujourd’hui.» Sa musique, profondément enracinée dans la tradition andalouse, fait appel à des éléments d’autres expressions musicales. C’est son piano qui, par exemple, marque seul le rythme et le temps flamenco.

D i s c o g r a p h i e

• 1996: 'Orobroy'

• 2002: 'Sur'

• 2012: 'Sin muros'

Dorantes. A propos de la musique. Du flamenco

• «La musique est ma raison de vivre, ma soupape de sécurité. Je ne pourrais pas survivre sans musique.»

• «Mes ancêtres m’ont laissé un message à la fois musical et philosophique que je dois faire perdurer.»

• «Je pense que rien ne se passe réellement dans ce que l’on appelle l’avant-garde flamenca. Il y a trop de barrières à abattre et peu de personnes pour franchir les obstacles. Il y a plus d’avancées dans le domaine musical du flamenco que dans celui du chant. En danse, des étapes importantes ont été franchies. Mais chaque fois il faut comprendre que ces progrès ne sont pas des changements révolutionnaires mais une étape supplémentaire dans l’évolution de l’art flamenco, comme Beethoven a été une étape supplémentaire par rapport à Mozart.»

• «Les instruments ne sont pas nés flamencos. Tous les instruments peuvent être flamencos. Ce sont les instrumentistes qui doivent se sentir flamencos.»

A propos de l'album "Sin muros"

"Avec "Sin muros" ("Sans murs"), le pianiste Flamenco David Peña Dorantes signe son troisième album, fruit d'une maturité et d'un épanouissement artistique certains. Considéré comme un chef-d'œuvre, cet opus mérite de figurer dans la discothèque de tous les mélomanes ou aficionados. En effet, avec "Sin muros" Dorantes ouvre de nouveaux horizons dans l'univers du Flamenco, explorant des sonorités nouvelles avec son instrument tout en puisant à la source profonde de cet art. Edité par Universal, "Sin muros" rassemble 11 thèmes agrémentés par la collaboration d'artistes d'envergure tels que le contrebassiste Renaud Garcia Fons, le guitariste Pedro Peña Fernandez, les chanteurs Esperanza Fernandez, José Mercé, Carmen Linares, Enrique Morente, Marcelo Mercadante, Noa,  Miguel Poveda et Arcangel. Nous y retrouvons la voix magnifique d'Enrique Morente qui interprète un Tientos intitulé "Refugio", et qui est le dernier enregistrement que fit le maestro avant de disparaitre. Nous pouvons aussi nous délecter du thème "Libertad entre rejas" interprété au chant par Carmen Linares, ou encore "Errante" , thème que Dorantes dédie aux Gitans de Séville. "Compañerita no regañes, que hago mi ropita un lio, que el campo no tiene llaves..." chante José Mercé de sa voix poignante d'émotions, accompagné par les notes sublimes de David Dorantes. De cet album, en plus de la valeur indéniable des collaborations,  nous retiendrons avant tout  la qualité, la portée poétique et la beauté de la musique que seul David Peña Dorantes sait générer. " Isabelle Jacq Gamboena

Site web de Dorantes: http://www.dorantes.es

Dorantes

English version

Flamenco , axis of free expression.
The aim of this album is to harness the arts and spiritualityin the service of social development  and human,
and the relationship between peoples and cultures. 
 

....Dorantes is an absolute musical sponge

and as usual with "the greatest" , he has assimilated all these languages and it is possible that he will never detach from them. So for the future will probably have to remove the labels and think that Dorantes is already the "total" pianist that all os us were thinking. Only two albums have allowed her to be considered a reference of flamenco , in general, without distinction instrumental.  He started with the guitar, perhaps also why, he is a premier figure in flamenco. As we say, comparable to any guitarist and certainly a pioneer in its own, it is not playing the piano " a compás" , but because put it at the top of flamenco creation. In the same vanguard.

.... and now, come others to improve it!

Pablo San Nicasio. musician and journalist specializing. Jondo web

 

 

To our surprise, we can confirm the appearance of an innovative use of sound and harmony in flamenco music, something entirely new to the genre. The voice of the late and much-missed [Morente] is joined by the piano, whose writing flows along a parallel line, making it clear from the start that the two paths are never going to meet. Adding to the originality is the dramatic timbre of the taiko, a Japanese drum whose sound fascinates Dorantes. Perhaps one day some new musical terminology will be invented to define this form of accompaniment, which is so pioneering in terms not only of its tonal disposition but also of the bimodal configurations and metrical variety that converge in the work. Harmonically, this marks a previously unthinkable advance for this art form …”

Dr. Jaime Trancoso González
(Excerpt from his doctoral thesis: Flamenco piano: Genesis, diachronic survey and musicological analysis.)
 

The metamorphosed, explosive visions on Sin Muros! are sure to send the often mercurial flamenco critics into leaps of joy or grumbling back into the dark corners of some bar for another glass of Manzanilla.
Potent with hypnotic percussion and ruthlessly powerful piano lines, Mr. Dorantes is impudently reluctant to let the listener off with quaint compositions. There is nothing spare on Sin Muros!, every composition is lushly extravagant even those fashioned out of Mr. Dorantes’s exceptional piano work and vocals.
Opening with the lazily jazzed “Sin Muros Ni Candados” with guest contrabass master Renaud Garcia-Fons and percussionist Paquito Gonzalez and palmas by Los Mellis, Sin Muros! thrums with an intensity. “Errante,” with guest vocalist Jose Merce, offers listeners a full-bodied sound that includes backing singers and a layer of brass that adds to the luster of the piece.
 
BY  TJNELSON . World Music Central.org
 

Dorantes invents a new way of composing; performing the bases where the piano starts to develop as flamenco instrument and  combine his flamenco roots with his contemporary jazz background. The music of Dorantes (Lebrija, Sevilla, 1969) cannot be easily categorized. Flamenco comes forth to our ears through birth and experience, and Dorantes’ music is laced with the sounds of life. Not to be confused with the currents of fusion, Dorantes, a true gitano,  has discovered an enriching dimension within the piano. Regarded as one of the most virtuoso instrumentalists of our time, his first contact with the piano came at his grandmother’s home. He continues to live, record and perform in Spain and throughout the world. 

Alfredo Grimaldo, speciality music journalist.